Déserts et zones semi-arides :

Caractéristiques :désert : moins de 100 mm d'eau/an (hyper-aride : manque d'eau, température très élevée). 

Zone semi-aride :de 100 à 400 mm d'eau/an [Sahel (en arabe : ceinture)] entre le sud du Sahara et les régions de savane. 

La plupart des déserts sont chauds zones subtropicales : Afrique (Sahara, Kalahari), Amériques (Sonora, Atacama), Moyen-Orient (Arabie, Syrie), Australie, certains sont tempérés ou froids (secteur aride de la zone tempérée froide : Asie centrale, Gobi). 

Dégradation :exprime les changements physiques, chimiques et biologiques dans le paysage dus à une sécheresse prolongée et/ou à des activités humaines ayant abouti à la diminution des ressources naturelles disponibles : sols, eaux, plantes. 

Désertification :aboutissement, à un moment donné, des processus de dégradation et d'appauvrissement du couvert végétal, de la flore et de la faune des régions sèches, semi-arides et arides. Consécutif à la détérioration des conditions pluviométriques et aux activités humaines susceptibles d'endommager les écosystèmes et de nuire à la régénération normale des ressources naturelles. 

Saharisationaboutissement de l'extension de paysages spécifiquement sahariens sur les marges maghrébines et sahéliennes du grand désert. Apparition de dunes et d'ergs vifs, consécutivement à l'assèchement, l'aridification et l'intensification des actions éoliennes. L'homme n'est pas impliqué dans cette évolution et en est parfois la victime (disparition du grand nomadisme). 

Oasis :petite région fertile (présence d'eau).

Étendue en milliers de km2. Désert extrême existant

7 959 (Afrique 6 178, Asie 1 581, Amér. du Sud 200) ; 

régions à risque de désertification : très élevé 2 929 (Afrique 1 725, Asie 790, Amér. du Sud 414), élevé 13 425 (Asie 7 253, Afrique 4 911, Amér. du Sud 1 261), modéré 10 951 (Asie 5 608, Afrique 3 741, Amér. du Sud 1 602). Total : 35 264 (18 % des terres) dont Afrique 16 555 (50 %), Asie 15 232 (30 %), Amér. du Sud 3 478 (20 %).

Répartition (en milliers de km2).Afriqueet Madagascar :17 300 (58 % du territoire) dont Sahara 7 770, de la Mauritanie à l'Égypte au sud du tropique du Cancer vers 20o latitude nord, distances maximales est/ouest 5 150 km, nord/sud 2 250, minimale 1 275 ; altitudes minimale - 137 m (dépression de Qattàra, Égypte), maximale 3 415 m (mont Emi-Koussi, Tchad) ; la superficie du Sahara et de ses bordures sahéliennes et maghrébines varie d'une année sur l'autre (± 15 %) en fonction des pluies ; extension maximale : il y a 15 000 ans (20 millions de km2) ;Niger (90 %) ; Libye 1 683 ; Soudan : Nubie 310 ; ÉthiopieSomalie ;ÉgypteQattàra 300 ; Afrique du Sud : Kalahari (Botswana, au sud du tropique du Capricorne, vers 20o latitude sud) 518, Namibie (sud-ouest africain). Amérique du Nord et centrale : 4 300 (20 % du territoire) dont Californie 113 (Colorado 78 et Mohave 35) ; Californie et Nevada 8 (vallée de la Mort) ; UtahArizonaMexique (Sonora).Amérique du Sud : 3 400 (19 % du territoire) Chili (Atacama) 181 ; Pérou.Asie15 600 (37 % du continent) dont Chine-MongolieGobi 1 036, Takla-Makan 320 ; Arabie : Roub'AlKhâlî 300, Nefoud 120 ; Turkménistan : Karakoum 270 ; Kazakhstan : KizilKoum 230 ; Inde-PakistanThar 260. Australie2 458 (80 % du territoire) dont Australie centrale 1 500, du Nord-Ouest 414, Victoria 324, Gibson 220. Europe : 900 (9 % du territoire) dont aride 200, semi-aride 700.

Désertification : Menace 70 % des zones arides ou sèches, soit 25 % de la surface terrestre.

Progression annuelle : De 5 à 6 millions d'ha dans le monde (dont 2 dans la zone intertropicale) est irrégulière. 

Exemples : Soudan (sud du Sahara, Afrique) de 90 à 100 km de 1960 à 1977 ; Atacama (Amér. du Sud) de 1,5 à 3 km par an, sur un front de 80 à 160 km ; Thar (Asie) 1 km par an depuis 1930. En Australie, 15 % des pâturages à moutons sont irrécupérables. En Argentine, 44 millions d'ha de forêts ont été détruits sur 60 millions. Aux États-Unis, 26 millions d'ha de pâturages détériorés sur 80 millions. En Espagne, plus de 2 000 km2 de forêts perdus de 1978 à 1993 (42 % du Sud devenu stérile). 

Causes de la désertification

1odéboisementles arbres, arbustes et broussailles xérophiles (capables de survivre dans des zones sèches semi-arides) sont utilisés comme combustible. On déboise aussi pour cultiver ; mais le sol s'épuise rapidement et se désertifie. Des programmes de reboisement ont été mis en place en Europe, Amérique, Chine, Corée du Sud, Inde et dans plusieurs régions d'Afrique. Des techniques pour l'irrigation et la mise en valeur des déserts ont été mises au point depuis 1945, notamment en Israël (Néguev) et au Turkménistan (canal d'irrigation de l'Amou-Daria : commencé en 1954, arrosant le désert du Karakoum sur 1 400 km, il permet la culture de 650 000 ha, mais a conduit à une forte réduction de la mer d'Aral). On a recours (Libye, Arabie notamment) aux nappes fossiles profondes, qui seront épuisées vers 2040-50. 

2o) Surpopulation animaleles troupeaux, disposant de territoires moindres, ne peuvent plus transhumer et détruisent leurs pâturages en les broutant, les piétinant. En Grèce et au Sahel (Afrique), une végétation diversifiée réapparaît spontanément dès que le territoire est protégé contre bétail, chèvres et lapins. Même les arbres repoussent dans des zones depuis longtemps désertiques. 

3o)Salinisation des sols :caractéristique des régions sèches et arides ; accumulation d'évaporites (chlorure de sodium, sulfate de calcium, carbonates) dans les dépôts de sebkhas, chotts, dayas, salars (anciens lacs ou lagunes aujourd'hui asséchés) ; s'observe aussi dans de nombreux aménagements hydro-agricoles réalisés dans les régions sèches : les eaux utilisées pour l'irrigation (fluviales ou fossiles) ont une teneur élevée en sels ; il se peut aussi que les chlorures aient pour origine les intrants utilisés notamment les phosphates. La salinisation des terres du delta du Nil s'explique par la remontée des eaux marines qui n'est plus contenue par les eaux du fleuve moins abondantes (pertes par infiltration et par évaporation dans la vallée, réduction des débits régularisés par les barrages de la haute vallée. L'eau d'irrigation amenée par canaux concentrant en surface les sels (Égypte, Iraq, Pakistan) a détruit plusieurs millions d'hectares valables pour la pâture.

4oRéchauffement climatique : dans les régions arides et semi-arides, depuis une trentaine d'années, augmentation des températures minimales. Conséquence de l'effet de serre ou de l'augmentation du rayonnement solaire global.